#2 Sur quel indice boursier investir ? Comment analyser un indice ?

Credits : Markus Spiske

Après avoir lu notre 1er article, vous êtes convaincu par l’intérêt de la gestion passive et vous souhaitez commencer à investir via des ETFs ? Un ETF réplique la performance d’un indice boursier, la première étape de la construction de votre portefeuille consiste donc à choisir les indices sur lesquels vous souhaitez investir.

Qu’est-ce qu’un indice boursier ?

Un indice boursier est une mesure de la valeur d’un marché financier. En d’autres termes, c’est un portefeuille théorique de titres représentant un marché particulier ou une partie de celui-ci. L’indice est généralement exprimé en points et permet de mesurer la performance de ce marché dans le temps.

Un indice peut être défini sur un ou plusieurs critères parmi lesquels :

● La zone géographique
● Le secteur d’activité
● La taille des sociétés incluses dans l’indice
● La méthode de calcul (équipondéré, au prorata des capitalisations boursières, etc.)
● La prise en compte des dividendes : capitalisation ou non des dividendes versés par les sociétés composant l’indice.

Un indice peut donc être national (ex : CAC 40), international (ex : MSCI World) ou encore sectoriel (ex : MSCI ACWI Water Utilities).

Les principaux indices Actions

Credits : Markus Spiske

Les indices nationaux

Ce sont les plus connus et ceux dont on entend régulièrement parler dans les médias pour commenter les performances des marchés boursiers. Cependant, il existe généralement un indice de référence par pays, comme le CAC 40 en France, et plusieurs indices majeurs, comme le SBF 120 en France, qui intègre le CAC 40 et 80 autres sociétés françaises de premier plan.

Voici quelques-uns des principaux indices boursiers nationaux :

Attention, ces indices ne sont pas tous directement comparables entre eux. Par exemple, l’indice CAC 40 tel qu’il est généralement présenté dans les médias, n’inclut pas les dividendes. Au contraire, l’indice DAX allemand est un indice « total return », c’est-à-dire qu’il tient compte du réinvestissement des dividendes versés par les sociétés qui composent l’indice. Ainsi, pour effectuer une comparaison, il faudrait regarder la performance du CAC 40 GR, indice CAC 40 tenant compte des dividendes réinvestis, par rapport à celle du DAX.

Le graphique ci-dessous montre l’écart de performance entre le CAC 40 GR (orange) et le CAC 40 sans réinvestissement des dividendes (bleu) depuis 2009 :

Il est donc important de regarder comment les dividendes sont pris en compte avant de comparer deux indices.

Les indices internationaux

Si les indices nationaux sont ceux qui retiennent le plus l’attention des médias, dans une optique d’investissement diversifié, il est utile de s’intéresser à des indices internationaux. Investir sur un indice Européen via un ETF peut par exemple éviter de devoir investir dans de nombreux indices nationaux et d’éviter de rééquilibrer son portefeuille trop souvent. Voici une liste des principaux indices internationaux :

Les indices sectoriels

La plupart des indices nationaux ou internationaux sont déclinés en sous-indices sectoriels. Ainsi, pour l’indice S&P 500, on dispose de nombreux indices sectoriels tels que S&P Financials Select Sector, S&P Utilities Select Sector, S&P Technology Select Sector, etc. De même pour les indices internationaux, le MSCI World par exemple se décline en indices sectoriels comme MSCI World Energy Sector, MSCI World Utilities, etc. Ces indices sectoriels pourront vous permettre d’investir sur un secteur en particulier via un ETF.

Il existe de plus en plus d’indices, basés sur des thématiques spécifiques ou sur des tailles de sociétés particulières (mid cap par exemple).

Les principaux fournisseurs d’indices actions sont S&P Dow Jones Indices, MSCI et FTSE Russel. Vous trouverez un grand nombre d’indices sur leurs sites.

Les principaux indices obligataires

Les indices obligataires sont moins connus du grand public mais il en existe une multitude selon le type d’émetteur, c’est-à-dire l’entité qui émet le titre de dette sur les marchés (Etat ou entreprise), la notation des agences, la maturité des obligations incluses dans l’indice, la zone géographique des émetteurs, le secteur des émetteurs, les montants des obligations ou taille d’émission, la devise dans laquelle l’émetteur a emprunté, etc. S’il est moins aisé de s’y retrouver parmi les indices obligataires que parmi les indices actions, nous avons listé ci-dessous quelques indices de références :

Obligations étatiques

Sur le marché des obligations étatiques, c’est-à-dire de la dette émise par les Etats, les indices Bloomberg Barclays font figure de référence. Voici quelques exemples d’indices sur différentes zones géographiques.

  • Bloomberg Barclays US Treasury Index

L’indice Bloomberg Barclays US Treasury couvre les obligations à taux fixe et en dollars du Trésor américain avec une maturité de 3 à 10 ans, dont le montant nominal d’émission est supérieur à 300 millions de dollars et notées investment grade par les agences de notation.

  • Barclays Inflation-Linked Euro Government Bond Index

L’indice Barclays Inflation-Linked Euro Government Bond couvre les obligations émises par les Etats membres de la zone euro et indexées sur l’inflation.

Obligations corporate

Sur le marché des indices obligataires corporate, il existe de nombreux indices selon le type d’obligations visées. Voici quelques exemples d’indices de référence :

  • Markit iBoxx USD Liquid Investment Grade Index

L’indice Markit iBoxx USD Liquid Investment Grade couvre, comme son nom l’indique, les obligations d’entreprises notées investment grade et libellées en dollars émises par des entreprises de pays développés.

  • Bloomberg Global Investment Grade Corporate Bond Index

L’indice Bloomberg Global Investment Grade Corporate Bond Index est un indice représentatif des obligations d’entreprises notées investment grade à travers le monde. Il inclut des obligations libellées dans les principales monnaies mondiales dont le montant d’émission est supérieur à 250 millions de dollars et la maturité supérieure à 1 an.

Indices mixtes

Il existe également des indices mixtes, qui incluent à la fois des obligations émises par les Etats et des obligations émises par des sociétés et permettent donc d’avoir une exposition complète aux marchés de dette. L’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate se veut représentatif des marchés mondiaux de dette à taux fixe. Couvrant pays développés et émergents, c’est une référence parmi les indices obligataires mixtes.
Les principaux fournisseurs d’indices obligataires sont Bloomberg Barclays Indices, J.P. Morgan et S&P Dow Jones Indices. Vous trouverez un grand nombre d’indices sur leurs sites.

Comment analyser un indice ?

Il est important de bien se renseigner pour comprendre comment fonctionne un indice, en regardant notamment la factsheet de celui-ci. Ce document explique la méthode de calcul, la performance historique, la composition par secteur, zone géographique ou encore le poids des principales sociétés dans l’indice.

Voici un exemple avec la factsheet du MSCI World.

Comprendre sa composition

La factsheet vous indiquera diverses informations sur la composition de l’indice comme le nombre de titres inclus (1 664 pour le MSCI World ci-dessous) et les principales composantes :

MSCI World – Factsheet 31/01/2020

Niveau de diversification

La factsheet comprend des indicateurs du niveau de diversification de l’indice, par secteur ou zone géographique ou le poids maximum par société (ici 3,15% pour Apple – top 10 représente 14%).

Comprendre le mode de calcul

Pour la plupart des grands indices, l’indice est pondéré par les capitalisations boursières des sociétés incluses, de sorte que les principales capitalisations boursières (ex : Apple et Microsoft aux Etats-Unis) ont un poids plus important dans l’indice.
Certains indices, sectoriels ou thématiques notamment, sont au contraire équipondérés, c’est-à-dire que toutes les sociétés qui composent l’indice ont le même poids.
Autre paramètre important et déjà mentionné dans cet article, il faut regarder si les dividendes sont réinvestis (ex : CAC 40 GR) ou non (ex : CAC 40).

Notoriété de l’indice

Sur un même marché cohabitent des indices de référence et des indices moins suivis. Par exemple, sur le marché américain, l’indice S&P 500 fait figure de référence par rapport à l’indice MSCI USA. Si ce dernier est néanmoins assez connu, il est plutôt recommandé de choisir des indices de référence car vous aurez moins de difficulté à trouver des ETFs satisfaisants, notamment en termes de liquidité, d’autant plus si vous souhaitez investir via un PEA.

Quel indice choisir ?

Attention à éviter le biais domestique, erreur très fréquente des investisseurs débutants. On a souvent tendance à vouloir investir dans ce que l’on connaît, par exemple CAC 40 pour les français. Or, nous sommes déjà exposés à l’économie française (et européenne) via notre emploi, notre épargne voire nos investissements immobiliers.

Il est recommandé d’éviter ce biais domestique et de rechercher une diversification géographique via des investissements sur un indice américain ou des indices mondiaux diversifiés par exemple.

Pour une base de portefeuille, nous allons plutôt aller vers des indices de référence diversifiés en termes de secteurs, par exemple le S&P 500 pour les actions américaines ou le MSCI World pour les actions mondiales, ou éventuellement le Stoxx 600 pour l’Europe (éviter le Stoxx 50 plus concentré car constitué de 50 sociétés uniquement).

Si vous avez envie d’y passer plus de temps, ou de vous exposer plus significativement à une zone qu’une autre, vous pouvez compléter votre portefeuille avec une exposition (plus limitée) à des indices de zones complémentaires (Europe, pays émergents, etc. ou pays en particulier) ou de secteurs en particuliers (ex : Energies renouvelables, santé, immobilier, etc.)

Les erreurs à ne pas commettre

Attention de ne pas multiplier les investissements sur des indices qui sont en réalité assez corrélés car composés des mêmes sociétés. Par exemple, il est peu utile d’investir à la fois sur le MSCI World et le S&P 500, dont 9 des 10 principales composantes sont identiques :

La deuxième erreur à ne pas commettre est de chercher à investir sur des indices de niches, trop spécifiques et peu reconnus. Le risque est que les ETFs répliquant ces indices soient peu liquides.

Les actions et les obligations présentent des niveaux de risque différents. Attention à bien composer votre portefeuille avec une répartition correspondant à votre appétence pour le risque et à votre horizon d’investissement.

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Par Guillaume Lartigau et Julien Saint Georges, co-fondateurs d’Axel : l’indépendance au service de votre patrimoine